Gloomwood et Fallen Aces : pourquoi le patron de New Blood critique le terme « immersive sim »
Faut-il arrêter de parler d’« immersive sim » pour mieux vendre les jeux qui en reprennent les codes ? Dave Oshry, PDG de New Blood Interactive, estime que cette étiquette parle surtout aux passionnés. Pour toucher les joueurs moins familiers du genre, il préfère mettre en avant des expériences concrètes : infiltration, jeu de rôle, liberté d’action. Une réflexion qui concerne directement Gloomwood et Fallen Aces, sans annoncer de changement officiel pour ces deux jeux. Pour comprendre ce qui distingue réellement le genre, on peut aussi lire notre article consacré à la définition proposée par Tim Cain.
Pourquoi « immersive sim » serait un mauvais argument de vente
Pour Oshry, le problème n’est pas le plaisir que procurent ces jeux, mais la façon de les présenter. Les habitués de Deus Ex ou Thief savent généralement à quoi s’attendre : des systèmes qui se croisent, plusieurs manières d’aborder une situation et des décisions laissées au joueur. Mais une personne qui découvre le terme « immersive sim » n’y voit pas forcément une promesse de gameplay. Elle peut même penser à un simulateur au sens traditionnel.
Le patron de New Blood défend donc une idée très pratique : mieux vaut expliquer ce que le joueur va faire que lui demander de connaître une catégorie spécialisée. « RPG » ou « jeu d’infiltration » sont des appellations que davantage de personnes comprennent immédiatement. Ce jugement reste son analyse marketing : il ne s’appuie pas, dans cet entretien, sur des chiffres comparatifs prouvant que l’expression ferait baisser les ventes.
Deus Ex et Thief : deux références, deux promesses lisibles
Oshry rappelle qu’il voyait Thief comme un jeu d’infiltration et Deus Ex comme un mélange de FPS et de RPG. Les deux œuvres sont souvent citées parmi les fondations de l’immersive sim, mais leurs descriptions plus simples indiquent aussitôt au public ce qu’il va retrouver à l’écran.
Cela ne signifie pas que les mécanismes systémiques sont secondaires. Au contraire : contourner un garde, manipuler un environnement ou trouver une solution imprévue peut constituer toute la richesse de l’expérience. Simplement, il est peut-être plus efficace de montrer cette liberté dans une bande-annonce que de la résumer par une étiquette.
Gloomwood : un pitch inspiré de Thief, mais qui crée des attentes
Avec Gloomwood, New Blood avait privilégié une présentation très directe, évoquant un Thief doté d’armes à feu. Le raccourci a l’avantage de parler immédiatement aux amateurs d’infiltration. En contrepartie, il risque de faire croire à une parenté plus étroite que celle que propose réellement le jeu.
L’univers de Gloomwood mélange en effet infiltration, horreur et survie, avec des inspirations qui dépassent largement Thief. Sa présentation officielle sur Steam le décrit précisément comme un FPS mêlant discrétion et horreur dans une cité victorienne inquiétante. La leçon marketing est intéressante : une comparaison familière attire l’attention, mais elle peut aussi enfermer un jeu dans les attentes associées à son modèle.
Fallen Aces : vendre l’action et l’infiltration avant la théorie
Fallen Aces adopte une autre identité : un FPS d’ambiance polar, avec des affrontements brutaux, de l’exploration et des approches plus discrètes selon les situations. L’essentiel du concept se comprend sans avoir à maîtriser le vocabulaire du game design. New Blood rapproche également Gloomwood, Fallen Aces et Blood West dans une collection Steam baptisée The New Blood Stealth Trilogy : le mot « infiltration » sert ici de point d’entrée commun.
Pour suivre l’actualité du jeu, notre article sur le deuxième épisode de Fallen Aces revient sur son contenu. Voici également une vidéo publiée par New Blood à l’occasion de cet épisode :
Un débat de vocabulaire qui ne change pas les jeux
Cette prise de position ne signifie ni que New Blood abandonne les mécaniques d’immersive sim, ni que Gloomwood ou Fallen Aces vont changer de nom, de genre officiel ou de direction. Elle pose surtout une question de communication : comment faire comprendre en quelques secondes le plaisir d’un jeu qui permet autant d’approches ?
Le paradoxe est séduisant : les joueurs les plus attachés à l’expression « immersive sim » sont souvent ceux qui ont le moins besoin qu’on leur explique pourquoi ces titres peuvent leur plaire. Pour les autres, une promesse claire — se cacher, improviser, explorer, survivre — pourrait être une bien meilleure invitation. Reste à savoir si cette stratégie se traduit réellement dans les ventes : aucun résultat chiffré ne permet ici de le conclure.
Spécialiste tech chez JeuxEnd, Alex ( Alexandra ) teste chaque semaine les dernières configs PC, cartes graphiques, périphériques gaming et setups optimisés pour le jeu. Avec un œil affûté sur les tendances hardware et une vraie passion de gameuse, elle partage ses conseils, comparatifs et guides pour t’aider à booster tes performances, que tu sois casual ou hardcore gamer
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