Nintendo Switch : Macronix réduit la production de puces ROM, quel avenir pour les cartouches physiques ?
Les cartouches Nintendo pourraient-elles devenir plus difficiles à produire dans les prochaines années ? Un acteur important de leur chaîne d’approvisionnement, le fabricant taïwanais Macronix, réduit progressivement son activité dans les puces ROM. La décision ne signifie ni la fin des jeux physiques ni une pénurie imminente, mais elle pose une vraie question pour les éditions physiques de la première Nintendo Switch : qui fabriquera les composants demain, et à quel coût ?
Le signal est venu des résultats du troisième trimestre 2026 de Macronix, publiés le 27 octobre. L’entreprise réoriente ses capacités industrielles vers d’autres mémoires, alors que la demande liée aux centres de données et aux infrastructures numériques progresse. Pour les joueurs attachés aux boîtes, aux collections et à la revente, c’est un changement à surveiller plutôt qu’une raison de se précipiter.
Sommaire
Macronix réduit fortement la place des puces ROM
Les chiffres du fabricant donnent une idée très nette de cette évolution. Au troisième trimestre 2026, les produits ROM ne représentaient plus que 5 % du chiffre d’affaires de Macronix, contre 26 % un an plus tôt. Leur activité a reculé de 39 % sur un an. Dans le même temps, les mémoires NOR pesaient 46 % des ventes, en hausse de 158 % sur un an, et les NAND atteignaient 47 %, avec une progression de 768 %.
Ces pourcentages doivent être lus avec leur contexte : ils décrivent la répartition du chiffre d’affaires de Macronix, pas le nombre de cartouches Nintendo produites ni la part exacte du fabricant dans les consoles. Ils montrent néanmoins que la ROM est devenue une activité marginale dans les comptes de l’entreprise.
Lors de la présentation de ses résultats, le président Miin Wu a confirmé une sortie progressive de la production ROM. Macronix préfère consacrer ses capacités aux mémoires NOR et NAND, notamment aux solutions eMMC et aux composants destinés aux centres de données. La direction souligne une demande particulièrement soutenue pour la NOR utilisée dans ces infrastructures. Le groupe n’a toutefois pas annoncé de calendrier précis d’arrêt total.
Les documents financiers officiels de Macronix détaillent cette évolution : résultats du troisième trimestre 2026 et présentation financière de l’entreprise.
La première Switch est davantage concernée que la Switch 2
La nuance la plus importante concerne les consoles. Macronix est associé depuis plusieurs années à la fabrication de puces ROM utilisées dans les cartouches de la Nintendo Switch originale. En revanche, son rôle exact dans la chaîne de production des cartes de jeu Switch 2 n’est pas établi. Des premières attributions ont été corrigées après vérification : il ne faut donc pas présenter le retrait de Macronix comme une menace directe et démontrée pour les cartouches Switch 2.
La nouvelle génération repose sur une chaîne d’approvisionnement distincte, dans laquelle ROHM est notamment identifié comme un fournisseur majeur. D’autres acteurs, dont LAPIS, sont également cités parmi les fabricants de mémoire concernés par l’écosystème des cartouches. Les volumes, les contrats et la répartition exacte entre fournisseurs ne sont toutefois pas publics. Il serait donc prématuré de chiffrer l’impact de ce retrait sur la production de jeux.
Pour la Switch originale, le retrait progressif d’un fabricant historique peut compliquer les approvisionnements à moyen terme. Les donneurs d’ordre et les fabricants de cartes devront s’appuyer davantage sur les capacités restantes, adapter leurs commandes ou qualifier d’autres solutions compatibles. Ce type de transition industrielle ne se fait pas instantanément : il dépend des composants, des validations techniques et des volumes demandés.
Les cartouches pourraient coûter plus cher, mais rien n’est acté
Le principal risque pour les joueurs est indirect. Si les fabricants disposent de moins de capacité ROM ou doivent changer de fournisseur, le coût de fabrication d’une cartouche physique pourrait augmenter. Les éditeurs pourraient alors devoir absorber une partie de la hausse, revoir leurs quantités ou réévaluer l’intérêt d’une édition sur support. Mais ce sont des scénarios possibles, pas des décisions annoncées par Nintendo ou les éditeurs.
Aucune pénurie de cartouches Nintendo n’a été annoncée à la suite de la décision de Macronix. Aucun changement de prix lié à cette actualité n’a non plus été confirmé. Les résultats du fabricant ne permettent pas, à eux seuls, de conclure qu’une hausse sera répercutée sur les jeux vendus en magasin.
La situation est aussi à replacer dans un marché où les fabricants de semi-conducteurs arbitrent leurs capacités en fonction de la demande et de la rentabilité. Macronix explique que la demande pour certaines mémoires destinées aux centres de données est forte. Réallouer les lignes de production vers ces produits peut donc être économiquement logique pour l’entreprise, même si cela réduit le nombre de fournisseurs disponibles pour des composants plus spécialisés.
Les Game-Key Cards pourraient gagner en intérêt
Cette évolution pourrait renforcer l’attrait des Game-Key Cards sur Switch 2 pour certains éditeurs. Ces cartes permettent de vendre une boîte et un support physique, mais elles ne contiennent pas l’intégralité du jeu : le téléchargement initial reste nécessaire. Elles peuvent donc éviter une partie des contraintes liées à la fabrication d’une cartouche de grande capacité, au prix d’un compromis important pour les joueurs qui privilégient la conservation des données sur le support.
Nintendo explique officiellement le fonctionnement de ce format dans son guide consacré aux Game-Key Cards. Leur présence ne signifie pas que les cartouches classiques vont disparaître : les deux formats peuvent coexister, et le choix dépend aussi des coûts, des capacités disponibles et de la stratégie de chaque éditeur.
Pour les collectionneurs, la différence reste fondamentale. Une cartouche qui contient les données du jeu conserve un intérêt particulier pour le prêt, la revente et la préservation à long terme. Une Game-Key Card conserve un objet physique, mais dépend d’un téléchargement pour récupérer le logiciel. Nous avons déjà détaillé la position actuelle de Nintendo sur le maintien des jeux physiques et les distinctions entre cartouches classiques et cartes-clés.
Faut-il s’inquiéter pour sa collection Nintendo ?
Pas dans l’immédiat. Les jeux déjà commercialisés ne deviennent pas moins accessibles du jour au lendemain, et la décision de Macronix ne constitue pas une annonce de Nintendo. Le sujet concerne avant tout la capacité de l’industrie à continuer de produire des cartouches ROM à des conditions compétitives, alors que certains fabricants privilégient d’autres segments de mémoire.
Le vrai indicateur à suivre sera la manière dont les fabricants de cartes et les éditeurs adapteront leurs approvisionnements au fil des prochains trimestres. Si les alternatives suffisent, l’impact pour les joueurs pourrait rester limité. Si les coûts augmentent ou si les volumes deviennent plus difficiles à garantir, les éditions physiques de la première Switch pourraient devenir moins intéressantes à produire pour certains projets, notamment les sorties à tirage réduit.
En clair, Macronix tourne progressivement la page de la ROM, mais Nintendo n’a annoncé ni abandon des cartouches, ni pénurie, ni hausse tarifaire. Les collectionneurs ont donc une raison de suivre le dossier, pas encore une raison de paniquer.
Spécialiste tech chez JeuxEnd, Alex ( Alexandra ) teste chaque semaine les dernières configs PC, cartes graphiques, périphériques gaming et setups optimisés pour le jeu. Avec un œil affûté sur les tendances hardware et une vraie passion de gameuse, elle partage ses conseils, comparatifs et guides pour t’aider à booster tes performances, que tu sois casual ou hardcore gamer
Nous nous aidons de l'IA pour certains articles. Si vous souhaitez participer, n'hésitez pas à nous contacter.
Commentaires