Rockstar Games : au tribunal, un responsable RH s'explique sur les messages syndicaux
Le bras de fer judiciaire entre Rockstar Games et d'anciens salariés prend un nouveau tournant. Lors d'une audience du 9 octobre 2026 à Glasgow, Charlie Kinloch, responsable des ressources humaines et codirecteur des opérations du studio Rockstar Lincoln, a été interrogé sur des messages provenant d'un serveur Discord utilisé notamment pour l'organisation syndicale. Son témoignage éclaire les arguments des deux camps, mais ne tranche pas la question essentielle : ces licenciements étaient-ils une sanction disciplinaire légitime ou une réponse à l'activité syndicale ?
L'essentiel de l'audience du 9 octobre 2026
- À Glasgow, Charlie Kinloch a été interrogé sur l'utilisation de messages Discord liés à des discussions syndicales.
- Les anciens salariés contestent les licenciements, tandis que Rockstar invoque la confidentialité des informations.
- Aucun jugement définitif sur le fond n'est rapporté au 14 octobre 2026.
Un responsable RH interrogé sur des informations venues de Discord
Au cœur des échanges figure un employé resté anonyme, désigné « AB » pendant la procédure. Selon les arguments exposés par les anciens salariés, cette personne aurait transmis à la direction des captures ou informations issues de conversations comprenant des discussions sur la syndicalisation et sur les conditions de travail. Les avocats des plaignants cherchent à comprendre comment ces éléments ont été utilisés et pourquoi.
Charlie Kinloch a expliqué lors de son audition qu'il accordait peu d'intérêt à l'appartenance syndicale individuelle des employés. D'après son témoignage, ses préoccupations portaient davantage sur des commentaires qu'il considérait comme nuisibles à l'entreprise et sur les risques de divulgation d'informations confidentielles. Ce sont les explications du témoin, pas des conclusions du tribunal.
Pourquoi les licenciements sont-ils contestés ?
Le litige trouve son origine dans une série de 34 licenciements annoncés en octobre 2025, touchant des salariés au Royaume-Uni et au Canada. Au Royaume-Uni, d'anciens employés soutenus par l'Independent Workers' Union of Great Britain (IWGB) contestent le motif de leur départ. Leur thèse est que l'activité syndicale aurait joué un rôle déterminant dans la décision de Rockstar.
Rockstar défend une tout autre lecture : l'entreprise affirme avoir sanctionné des fautes graves liées à la diffusion d'informations confidentielles dans un espace de discussion. Le débat judiciaire porte donc autant sur le contenu et l'usage des messages que sur les véritables raisons des mesures disciplinaires. Une accusation de répression syndicale n'est pas, en soi, une culpabilité établie.
La pression autour de GTA 6 entre dans le débat
Interrogé sur le délai entre certains messages signalés et les décisions prises en 2025, Kinloch a invoqué, selon le compte rendu de l'audience, l'attention exceptionnelle portée à Rockstar à l'approche de Grand Theft Auto VI. Il a expliqué craindre qu'une diffusion publique de certaines déclarations nuise à la société. Les représentants des salariés, de leur côté, interrogent le calendrier des licenciements et leur proximité avec les démarches de représentation syndicale.
Cette distinction compte : le fait qu'un témoin avance une justification ne démontre pas qu'elle est juridiquement fondée, pas plus que les questions posées par les avocats ne prouvent à elles seules les accusations.
Ce que le tribunal doit encore déterminer
Au 14 octobre 2026, l'affaire n'a pas donné lieu à un jugement définitif sur la légalité des licenciements. Le tribunal doit apprécier les éléments produits, la crédibilité des témoignages et le lien éventuel entre les décisions de Rockstar et les activités syndicales. Une précédente décision concernant une demande de protection provisoire ne constituait pas non plus un jugement final sur le fond.
L'affaire dépasse les seuls bureaux de Rockstar : elle pose la question de la frontière entre protection des secrets de fabrication d'un jeu très attendu et droit des développeurs à discuter collectivement de leurs conditions de travail. Pour replacer cette procédure dans son contexte, retrouvez également notre article sur la mobilisation syndicale chez Rockstar ainsi que les prises de parole d'anciens développeurs.
Pour les prochaines étapes, il faudra surtout surveiller les conclusions judiciaires et les éventuelles déclarations officielles de Rockstar Games ou de l'IWGB. Le témoignage du 9 octobre apporte des précisions importantes, mais il ne permet pas d'affirmer que le studio a été reconnu responsable de pratiques antisyndicales.
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